WHATIF

- Risques directs — cause et effet immédiats, généralement bien identifiés et enseignés en formation : hyperoxie sur SP haut, hypoxie sur solénoïde fermé ou O2 vide, hypercapnie sur canister épuisé, perte de flottabilité sur déchirure de boucle… La parade est connue, la vigilance et le respect des procédures suffisent dans la grande majorité des cas.
- Risques induits — un risque en déclenche ou en aggrave un autre par une chaîne physiopathologique ou comportementale moins intuitive. Ils sont souvent sous-estimés, parfois mal compris, et tuent autant que les risques directs :
- Hyperoxie → Hypercapnie : un PpO2 élevé n'expose pas qu'à la convulsion O2. Il diminue le transport sanguin du CO2 (effet Haldane : une hémoglobine saturée en O2 fixe moins le CO2), émousse les chémorécepteurs (la commande à respirer s'estompe — on « se sent bien » alors que la PaCO2 grimpe) et augmente l'espace mort physiologique (la part de chaque respiration qui « ne sert à rien » — air qui circule sans rejoindre les alvéoles utiles). Le couple est synergique : le CO2 vasodilate le cerveau et abaisse le seuil de la crise hyperoxique. Conséquence : un SP haut ou un solénoïde bloqué ouvert ne pose pas un risque, il en prépare deux.
- Hypercapnie → Stress de décompression : retenir du CO2 au fond augmente la formation et le volume des bulles à la remontée. Mécanisme : la vasodilatation modifie la perfusion tissulaire, plus de gaz inerte est chargé dans les tissus, la supersaturation est plus marquée à la décompression. L'hypercapnie potentialise aussi la narcose à l'azote et la toxicité O2 — confusion et jugement altéré au mauvais moment, donc erreurs de profil de remontée. Un canister épuisé ou une valve champignon HS n'est pas qu'un risque de syncope hypercapnique : c'est un multiplicateur d'ADD.
- Normalisation de la déviation → Stress de décompression : sauter un check, raccourcir un palier, dépasser une profondeur d'aisance ne provoque pas systématiquement d'ADD — l'ADD est probabiliste. L'absence de sanction immédiate renforce la déviation, qui devient la nouvelle norme. Les données DAN montrent un pic de fatalités chez les plongeurs ayant accumulé plus de 300 plongées : ils ont normalisé tant de déviations sans incident qu'ils n'en perçoivent plus le risque. Sur CCR, les redondances (BO, double cellule, alarmes) masquent encore mieux la dérive — jusqu'au jour où une seconde déviation s'ajoute et où elles ne suffisent plus.
- Pourquoi connaître ces enchaînements est incontournable — sous l'eau, le temps de réflexion n'existe pas. La narcose, la charge cognitive, le stress et une hypercapnie débutante réduisent justement la capacité d'analyse au moment où il faudrait analyser. La bonne réaction doit être pré-câblée, pas improvisée. C'est exactement la finalité des WhatIfs : visualiser chaque scénario à froid, identifier les signaux précoces, mémoriser la parade, et la répéter — à sec, en briefing, en plongée — jusqu'à ce qu'elle devienne réflexe. Une parade jamais répétée n'existe pas en situation. À réviser régulièrement, en équipe, avant chaque plongée engagée — et particulièrement après une période d'inactivité ou un changement de configuration.
- À noter — les procédures WhatIfs qui suivent s'appliquent à la plongée recycleur en général, mais sont ici orientées rEvo et Liberty. Les principes physiologiques, la lecture des signaux et la logique de réaction restent valables pour tout CCR : l'extrapolation est immédiate. Les actions matérielles précises sont en revanche à adapter à votre propre configuration et à votre formation.
Ce que je lis sur mes instruments
Sit. Hyperoxique (PpO2 ≥ 1.6)
- Descente trop rapide sur SP Haut
- Erreur d'Injection
- Dépassement de la MOD du diluant
- Injecteur manuel bloqué ouvert
- Solénoïde bloqué ouvert
- Je corrige en rinçant au Diluant
- Je passe sur BO
- Je ferme l'Oxy pour arrêter d'alimenter la boucle
- Je me stabilise et je remonte doucement (ne surtout pas descendre !)
- Je réfléchis...
- Ouvrir et refermer l'Oxy
- Regarder la pression
- Si elle est stable, ouvrir Oxy, repasser sur la boucle et rincer au Diluant
- Si elle n'est pas stable, remonter sur BO (ou en Semi-Fermé si Nitrox ou réguler PpO2 au robinet d'Oxy).
- Ne pas oublier la bascule des ordinateurs si passage BO confirmé + SP Bas sur le recycleur
Sit. Hypoxique (PpO2 ≤ 0.4)
- Bouteille Oxy fermée — Cas typique d'une absence de procédures
- Bouteille Oxy vide
- Rinçage diluant au-dessus de la profondeur mini d'utilisation (ex: Gaz Hypoxique)
- L'hypoxie est la première cause de décès en CCR. La CHECKLIST pré-plongée n'est pas optionnelle.
- Solénoïde bloqué fermé
- Injection manuelle d'O2 immédiate — geste réflexe < 2 s pour faire remonter la PpO2 (résout la majorité des cas si la bouteille O2 est ouverte)
- NE PAS MONTER ! (la PpO2 baisse encore à la remontée)
- Si l'injection manuelle est sans effet (bouteille vide, ligne bouchée) → Passage BO immédiat
- Tant que la cause n'est pas identifiée, ne pas espérer résoudre l'hypoxie sur la boucle — bailout en cas de doute
- Réfléchir...
- Vérifier que l'Oxy est bien ouvert
- Regarder la pression
- Si elle est bonne (solénoïde KO), revenir sur la boucle et piloter manuellement l'injection d'Oxy. Vigilance à la remontée car la PpO2 chute !
- Si elle n'est pas bonne (bouteille vide), remonter sur BO (ou en Semi-Fermé si Nitrox)
- Ne pas oublier la bascule des ordinateurs si passage BO confirmé + SP Bas sur le recycleur
Erreur Cellule
- Cellule défectueuse (eau, chaleur, joints, vieillissement, entretien...)
- Vieillissement asynchrone des cellules — chaque cellule dérive à un taux différent
- Cellule en saturation au-delà de PpO2 1.6 — lecture sous-évaluée
- Contrôler rEvoDream pour valider le "voting"
- Contrôle de linéarité : DIL flush à profondeur connue → comparer PpO2 mesurée vs PpO2 calculée du DIL. Écart > 0.1 bar = cellule suspecte
- Impossible de faire confiance au voting — passage BO
- Ne pas oublier la bascule des ordinateurs + SP Bas sur le recycleur
- Si suspicion de boucle noyée (eau dans la boucle, glouglou, goût) : adopter un trim cabré pour éviter d'inhaler la chaux remontée par capillarité
Alarme Pile Faible
- Affecte affichage prof, déco, cellules et réglage SP. Donc ECONOMISER!
- Aller dans "Dive Setup" et régler la luminosité sur "Cave" (+3h)
- Régler SP Bas et injecter manuellement (en cas d'arrêt le SP reste mémorisé)
- Si le Shearwater s'arrête, la consigne de SP demeure et on peut gérer profondeur et déco sur l'ordi de secours et PpO2 aux rEvoDreams
- ATTENTION: Dans ce dernier cas, l'ordinateur de secours est réglé sur SP 1.3 et il faut donc maintenir "AU MOINS" 1.3 de PpO2 aux rEvoDreams!
- Affecte Régulation Automatique PpO2 et Infos Cellules. Donc ECONOMISER!
- Régler SP Bas et injecter manuellement
Black Out (Contrôleur et rEvoDream HS)
- On passe BO avec l'ordinateur de secours (pour profondeur et déco)
- Une fois qu'on est revenu à 6m, refaire un retour sur la boucle et rinçage Oxy toutes les minutes
Ce que je ressens
Essoufflement, maux de tête, dyspnée
- Effort physique, courant, palmage
- Stress, anxiété, respiration rapide
- Densité de gaz > 5,2 g/L (seuil idéal) ou > 6,2 g/L (seuil absolu) — accroît le travail respiratoire et la rétention de CO2
- Chaux épuisée (non remplacée, durée dépassée)
- Canister mal rempli (sous-rempli, tassage insuffisant)
- Mauvais assemblage du canister
- Channeling (passage préférentiel du gaz sans filtration)
- Eau dans le scrubber, eau froide
- Signal le plus précoce — sensation que « ça respire dur », inspiration laborieuse sans cause évidente : réagir AVANT l'apparition du mal de tête (qui est un signe tardif)
- Essoufflement lié à un effort identifiable → voir "Si lié à un effort"
- Maux de tête + essoufflement insidieux + confusion/transpiration → suspecter scrubber
- Dyspnée sans effort + crachats mousseux ou rosés → suspecter IPO (voir section dédiée)
- Si c'est progressif je peux faire un rinçage Diluant sinon je passe BO
- Je me réserve le droit plus tard, quand ça ira mieux, de revenir sur la boucle dans la phase de remontée.
- ATTENTION: Si rinçage, NE JAMAIS FAIRE UN RINCAGE OXY. DILUANT UNIQUEMENT !
- Passage BO définitif — ne jamais revenir sur la boucle
- Ne jamais tenter de résoudre sur la boucle !
- Ne pas oublier la bascule des ordinateurs + SP Bas sur le recycleur
- Initier la remontée
Goût ou brûlure caustique (Cocktail Caustique)
- Entrée d'eau par l'embout ou les raccords
- Joint de canister défectueux ou mal positionné
- Tuyaux annelés fissurés ou mal raccordés
- Fuite au niveau du bloc contre-poumon
- Sensation immédiate et sans ambiguïté — ne pas ignorer
- Passage BO immédiat
- Ne pas avaler
- Rincer la bouche
- Signaler au buddy
- Interruption de la plongée
Eau dans la boucle
- Glouglous dans la boucle, bruit d'eau à chaque cycle respiratoire
- Effort respiratoire accru — la respiration devient plus difficile avec l'eau dans la boucle
- Sensation d'humidité dans l'embout, sans goût caustique franc
- Hypercapnie progressive (essoufflement, mal de tête) si l'eau n'est pas évacuée
- Embout mal mordu (DSV pas complètement fermée à un changement)
- Joint d'embout, joint de canister, joint de tuyaux annelés HS
- Eau entrée par fuite mineure progressive (pas la rupture du Cocktail Caustique)
- Position tête-bas prolongée
- Purger l'eau par la procédure prévue (selon configuration rEvo / Liberty)
- Position adaptée pour orienter l'eau vers la valve de purge
- Surveiller le canister : eau + chaux = risque de cocktail caustique imminent
- Si l'eau revient ou ne se purge pas → passage BO et investigation en surface
- Tout goût caustique = arrêter immédiatement, voir section Cocktail Caustique
Toux, crachats mousseux, oppression thoracique (IPO)
- Eau froide, immersion prolongée
- Effort physique intense
- Surhydratation pré-plongée
- Pression respiratoire négative (CCR)
- Hypertension, antécédents cardiaques
- Dyspnée croissante sans lien avec l'effort
- Ne s'améliore pas en rinçant la boucle
- Toux productive avec crachats mousseux ou rosés (signe clé)
- Passage BO
- Sortie de l'eau aussi rapide et sûre que possible (les symptômes empirent en immersion)
- En surface : O₂ 100%, position assise, garder au chaud
- NE PAS donner de liquides (contrairement à l'ADD)
- Pas de retour en plongée
Troubles visuels, fasciculations, acouphènes (Signes pré-convulsifs O2)
- ⚠️ La convulsion O2 peut survenir SANS aucun signe précurseur — ConVENTID est un repère utile mais n'est pas un système d'alerte fiable. La vraie protection : respect strict des limites de PpO2 et de la CNS clock.
- Vision — tunnel, floue ou flashs lumineux
- Ears — acouphènes, bourdonnements
- Nausées
- Twitching — fasciculations faciales (lèvres, paupières)
- Irritabilité, anxiété soudaine
- Dizziness — étourdissements, vertiges
- CO2 élevé (scrubber défaillant) — abaisse le seuil de toxicité O2
- Effort physique intense
- Froid
- Densité de gaz élevée en profondeur
- Passage BO immédiat
- Ne surtout pas descendre !
- Remontée lente et contrôlée
Vertiges, acouphènes lors d'un switch gaz (CDI / IEDCS)
- Risque maximal lors du bailout OC (switch brutal vs changement graduel sur la boucle)
- Vertige rotatoire sévère (pendant ou juste après un gas switch)
- Acouphènes (bourdonnement, sifflement)
- Nausées, vomissements
- Perte auditive unilatérale
- Perte de coordination
- Vertige bref (<1 min), résolu par équilibrage = probablement alternobarique (bénin)
- Vertige persistant après gas switch = suspecter CDI/IEDCS = urgence
- Se stabiliser, ne pas remonter précipitamment
- Respirer le gaz disponible avec la PpO2 la plus élevée tolérable à cette profondeur
- Revenir au gaz trimix précédent uniquement si symptômes immédiats après le switch — risque de CDI inverse si tissus déjà chargés en N2
- Interrompre la plongée, poursuivre la décompression
- En surface : O2 100%, évacuation caisson hyperbare
Confusion, euphorie, jugement altéré (Narcose à l'azote)
- Euphorie ou anxiété inhabituelle
- Jugement altéré — gestes inadaptés, décisions illogiques
- Mémoire court-terme dégradée (oubli des consignes, du plan)
- Ralentissement cognitif, gestes maladroits
- Plongée air ou nitrox au-delà de 30-40 m (sensibilité individuelle variable)
- Plongée trimix avec EAD trop élevée (mauvais calcul de mélange)
- Aggravée par : fatigue, froid, hypercapnie, alcool, anxiété
- Potentialise hypercapnie (hypoventilation) et toxicité O2 (vasodilatation cérébrale) — chaîne des risques induits
- Auto-évaluation : opération mentale simple (calcul, mémoire d'un détail) — si difficulté → narcose probable
- Remonter de quelques mètres jusqu'à amélioration
- Stabilisation, respiration calme
- Si persistant : interrompre la plongée et remonter selon procédure
- En cas de doute sur le mélange utilisé : bailout sur gaz à EAD plus basse
Tremblements, nausées, vertiges en profondeur (HPNS — >100m)
- Micro-endormissements
- Difficultés de coordination fine
- Profondeur > 100m (variable selon l'individu — classiquement déclenché à 120-150m avec descente rapide)
- Vitesse de compression rapide = facteur déclenchant principal
- Sensibilité individuelle variable
- Ralentir ou stopper la descente
- Stabilisation 5-10 min
- Si aggravation : remonter
- Pertinent pour config DIL 7/85 et au-delà
Frissons, perte de dextérité, apathie (Hypothermie)
- Difficulté de concentration, ralentissement
- Coordination dégradée
- Arrêt des frissons = signe de gravité !
- Amplifie la narcose résiduelle
- Abaisse le seuil de toxicité O2
- Augmente le risque d'ADD (mauvaise décompression)
- Vasoconstriction hypothermique piège les gaz inertes dans les tissus périphériques — risque de dégazage massif au réchauffement
- Signaler au buddy
- Si équipement chauffant disponible (sous-vêtement chauffant), l'activer
- Évaluer l'interruption de la plongée
- Limiter l'effort (augmente les pertes de chaleur en trimix)
- Ne pas prolonger les paliers au-delà du strict nécessaire
- Réchauffement progressif post-plongée : pas de douche/bain chaud immédiat. La vasodilatation brutale relargue le gaz inerte des tissus refroidis → risque d'ADD différée. Vêtements secs et chauds, boissons chaudes, attendre 30-60 min avant douche tiède.
Malaise / cardiaque en immersion
- Douleur thoracique, oppression, irradiation bras/mâchoire
- Palpitations, rythme cardiaque irrégulier
- Sueurs anormales, pâleur, malaise général
- Faiblesse soudaine, vertiges non-vestibulaires (sans rotation)
- Distinct de l'IPO (pas de crachats mousseux) et du blackout hypoxique (PpO2 normale aux instruments)
- Antécédents cardiaques connus ou non
- Hypertension, hypercholestérolémie, tabagisme, surpoids
- Effort intense (palmage, courant, scooter en panne)
- Stress psychologique majeur, panique
- Eau froide, immersion prolongée — vasoconstriction et augmentation de la post-charge cardiaque
- Signaler immédiatement au buddy
- Cesser tout effort, se stabiliser
- Initier la remontée avec assistance buddy — paliers raccourcis si pronostic vital engagé
- En surface : appel secours immédiat, O2 100%, position assise ou demi-assise (sauf perte de conscience → PLS)
- RCP si arrêt cardio-respiratoire ; défibrillateur dès disponible
- En CCR, un malaise cardiaque peut être confondu avec un blackout hypoxique — vérifier les instruments PpO2 avant tout diagnostic
- Le buddy doit maintenir l'embout en place pendant la remontée (cf. Convulsion O2 (buddy))
- Vigilance post-plongée 24-48h : un événement coronarien peut se déclarer après l'effort
Ce que je constate
BOOM (fuite massive)
- Je reste sur ma boucle et je ferme les 2 bouteilles pour regarder les manos
- Si Diluant KO: Réouvrir l'Oxy ! On peut rester sur la boucle pour la remontée (car pas besoin d'injecter). Mais le mieux est de connecter son BO en offboard.
- Si Oxy KO: On passe sur BO ! Réouvrir Diluant pour disposer de la Stab
- Si BO KO: Réouvrir Oxy et Diluant et fermer le BO. JE REMONTE CAR PAS DE PLONGEE SANS BO !
- Ne pas oublier la bascule des ordinateurs si passage BO confirmé + SP Bas sur le recycleur
Givrage de détendeur (eau froide)
- Eau froide (< 10°C) — risque maximal en plongée profonde / sous glace / Atlantique nord
- Débit important du détendeur : descente rapide, switch BO en déco, gonflage stab
- Détendeur non préparé pour eau froide (graissage non adapté, joints HS)
- Inspirations très fortes ou continues
- Free flow (débit continu non maîtrisé) sur le 2e étage du BO
- Diminution rapide de la pression bouteille
- Bruit anormal, bulles continues
- Fermer le robinet du détendeur concerné (côté affecté du BO)
- Basculer sur la deuxième source de gaz (autre poumon BO, ou retour boucle CCR si gaz boucle utilisable)
- Signaler au buddy (perte de gaz potentiellement importante)
- Évaluer la marge de gaz restante : si insuffisante → remontée immédiate, plan rule of thirds invalidé
- Prévention : graissage spécifique eau froide, redondance des sources, débit modéré au switch en déco profonde
Perte de flottabilité (Stab / Étanche / Lestage)
- Rupture / fuite de la stab (chambre HS, joints HS, déchirure)
- Inflateur de la combinaison étanche bloqué fermé (descente irréversible) ou ouvert (surinflation)
- Perte de plombs (pochettes ouvertes, harnais cassé) → flottabilité positive massive
- Bouteille diluant fermée ou vide → plus d'inflation ADV ni stab en pression, plus d'injection de l'étanche si pilotée sur diluant
- Utiliser la combinaison étanche comme flottabilité de secours (compensation du volume)
- Si combinaison humide : poumons + boucle CCR comme volume secondaire (tolérer plus de gaz dans la boucle)
- Stabiliser, remonter selon plan en gérant la déco — ne pas larguer les BO sauf situation extrême
- Si remontée s'amorce et impossible à freiner → expirer en remontant, ralentir tout ce qu'on peut (corps en parachute, étendre les bras)
- Bloqué fermé (descente) : inflater la stab, vérifier la combinaison (déchirure ? joint poignet ?), remonter si risque hypothermique imminent ou descente non maîtrisable
- Bloqué ouvert / surinflation : décharger par la valve poignet (bras tendu en haut), déconnecter l'inflateur, anticiper la flottabilité positive à la remontée
- Si combinaison étanche déchirée : remontée contrôlée, hypothermie quasi certaine — voir section Hypothermie
- NE PAS lutter contre la remontée à la palme — risque ADD majeur
- Vider stab + combinaison étanche complètement, position horizontale (corps-parachute), expirer activement
- Si possible : agripper paroi, ligne, ancre et signaler au buddy
- Largage des plombs additionnels = dernier recours absolu uniquement en danger imminent (noyade, perte de conscience)
Convulsion O2 (buddy)
- Maintenir l'embout ou le masque facial en place
- Ne PAS remonter pendant la phase tonique-clonique (risque barotraumatisme pulmonaire)
- Attendre la fin de la convulsion, puis initier la remontée
- Après la phase clonique : vérifier la ventilation (DSV/BOV en place, voies aériennes dégagées)
- Si buddy en CCR : basculer sa BOV en OC (ou lui passer son détendeur de bailout) après la phase clonique — continuer à respirer la boucle = ré-exposition au gaz responsable de la convulsion
- Remonter à vitesse contrôlée après reprise de la ventilation spontanée
- En surface : O2 100%, surveillance continue, évacuation médicale
- Le plongeur peut ne pas se souvenir de l'épisode
Perte du buddy / Perte de l'équipe
- CCR = silencieux : pas de bulles bruyantes pour repérer un buddy, pas de signal sonore par expirations
- Communication visuelle obligatoire (signaux lumineux) ; en cave ou en épave, le contact avec la ligne est essentiel
- Un buddy CCR en difficulté ne « halète » pas — il peut perdre conscience sans bruit
- Recherche visuelle 1 minute maximum à la profondeur de séparation (rotation 360°, signal lumineux)
- Au-delà : remontée selon plan — paliers respectés, en gardant l'œil sur la surface pendant la remontée
- En surface : tour d'horizon, identifier la sortie, alerter le bateau ou la base
- Si le buddy ne refait pas surface dans les minutes attendues : déclencher les secours immédiatement
- Ne pas remonter en aveugle — retour sur la ligne, attente sur point convenu
- Vérifier les jonctions / Ts / changements de ligne aux points clés
- Communication par traction de ligne (codes pré-établis : 1 traction = OK, 2 = stop, 3 = problème, 4 = sortie)
- Maintenir le plan de gaz (règle des tiers) — ne pas consommer son tiers de retour à chercher
Vitesse de remontée anormale
- La bonne vitesse de remontée c'est 10 m/min. Une remontée du fond à une vitesse inférieure à 9 m/min est considérée comme lente. Le temps de remontée à une vitesse lente fait partie intégrante de la durée de la plongée.
- La bonne vitesse de remontée c'est 10 m/min. Une remontée est dite « rapide » si elle dépasse 12 m/min
- Si aucun accident n'est déclaré et si une réimmersion est possible:
- Rejoindre en moins de 3 minutes la mi-profondeur (au moins) de la plongée et y rester 5 minutes
- Remonter à la profondeur du premier palier en respectant la vitesse de 9 à 12 m/min puis effectuer les paliers prévus, sachant qu'il faut de plus effectuer un palier de 1min à 6m et 5min à 3m
- En cas de réimmersion impossible, agir comme si un accident était déclaré (mise sous Oxy, appel des secours, …)
- Vitesses max : 10 m/min fond→1er palier, 3 m/min entre paliers déco
- JAMAIS de switch gaz pendant/après remontée rapide — se stabiliser d'abord
- Stopper à la profondeur actuelle, se stabiliser
- Deep stops plus agressifs que le plan initial
- Maintenir le plan de gaz déco original — ne pas anticiper les switchs
- Procédures réimmersion air/nitrox (mi-profondeur 5 min) NON adaptées au trimix
- Si réimmersion impossible : O₂ 100%, évacuation caisson hyperbare
Interruption de palier
- En cas de non-exécution ou de mauvaise exécution d'un palier (non-respect du temps ou de la profondeur prévus)
- Si aucun accident n'est déclaré et si une réimmersion est possible:
- Rejoindre en moins de 3 minutes la profondeur du palier
- Recommencer en totalité le palier puis poursuivre la désaturation comme prévue en ajoutant 3 min à 3 m.
- Si la réimmersion n'est pas envisageable en cas de signe(s) d'un possible ADD ou si plus de 3 min de paliers non réalisées : déclenchement des secours.
- Si la réimmersion n'est pas réalisable mais sans signe d'accident et si erreur maximale de 3 min de palier non fait, place à une période d'observation de 3h et interdiction des nouvelles plongées pendant 24 h. Au moindre, signe évoquant un ADD, déclencher les secours.
- Dans l'hypothèse d'une rupture de palier avec réimmersion non réalisable, sans signe d'accident et dont le temps de palier non effectué n'est que de quelques minutes, mise sous oxygène pendant 30 minutes.
- Si déco interrompue en trimix, NE PAS tenter réimmersion — rester en surface, O₂ 100%, évaluation médicale
- Tables et procédures de réimmersion air/nitrox NON applicables
- Switch gaz pendant déco interrompue : EXTRÊMEMENT dangereux (risque CDI maximal)
- Post-incident : 24h min sans plongée, évaluation médicale obligatoire, monitoring Doppler si dispo
- Au moindre signe neurologique ou vestibulaire → évacuation caisson hyperbare
À la surface / Post-plongée — Vigilance et accidents différés
Signes neurologiques immédiats post-surface (Surpression pulmonaire / AGE)
- Apparition immédiate ou très rapide après la surface (souvent < 10 min)
- Hémiparésie (faiblesse d'un hémicorps), troubles visuels brutaux
- Confusion, perte de conscience, convulsion
- Crachats sanglants, douleur thoracique aiguë
- Signes neurologiques massifs et immédiats — distinct de l'ADD qui est progressive
- Remontée non contrôlée (panique, perte de flottabilité, blocage glottique)
- Apnée volontaire ou involontaire pendant la remontée
- Bronchospasme, asthme, lésion pulmonaire préexistante
- Convulsion O2 en immersion (glotte fermée + remontée passive)
- O2 100% immédiat
- Position : couché à plat (la position tête en bas n'est plus recommandée)
- Maintenir les voies aériennes libres
- Évacuation caisson hyperbare en URGENCE absolue
- Pas de retour en plongée — évaluation médicale complète obligatoire
Douleurs articulaires, fourmillements, faiblesse (ADD)
- Douleur sourde et croissante dans une articulation (épaule, genou, hanche)
- Démangeaisons cutanées, marbrures (cutis marmorata)
- Fatigue anormale et profonde
- Fourmillements dans les extrémités
- Faiblesse dans les jambes, troubles de la marche
- Troubles visuels, confusion, vertiges
- Rétention urinaire = signe de gravité (atteinte médullaire)
- Ne jamais ignorer des symptômes légers ("niggles")
- Procédure EN SURFACE uniquement :
- O2 haute concentration (100%) — uniquement hors de l'eau !
- Position allongée, hydratation
- Évacuation caisson hyperbare
- ~50% des symptômes apparaissent dans la 1ère heure, ~90% dans les 6 premières heures, ~98% dans les 24 premières heures
- Rester vigilant jusqu'à 36h après la plongée — au moindre signe inhabituel, considérer comme ADD jusqu'à preuve du contraire