GESTION: ORGANISER et répartir les tâches rapidement. SECOURIR les victimes, RAPPELER les autres plongeurs, PRENDRE LES INFOS via le recueil des éléments d'alerte.
SECOURIR: (Selon les besoins) MASSAGE (après 30 compressions, 2 insufflations - jusqu'à l'arrivée des secours ou jusqu'à ce que la victime montre des signes de vie). OXYGÈNE (100 % 15 l/min jusqu'à l'arrivée des secours). RÉHYDRATER (0,3-0,5 l/h - sauf nausées, vomissements, lésion du tube digestif). SURVEILLER (selon les circonstances, débarrasser la victime de sa combinaison ; l'asseoir ou l'allonger ; la réchauffer et/ou la mettre à l'ombre ; la surveiller : lui parler, la rassurer, noter le pouls et son évolution ainsi que tout autre signe significatif...). NE JAMAIS INTERROMPRE LA PROCÉDURE, MÊME EN CAS D'AMÉLIORATION !
CONTACTER: CROSS-VHF→16 CROSS-VHF-ASN→70 CROSS-TÉLÉPHONE→196 SAMU→15 TOUTES-URGENCES→112 POMPIERS→18 POLICE-GENDARMERIE→17 MESSAGE: PAN-PAN (3x), ICI nom du bateau (3x), lieu précis, attente de réception du CROSS pour passer le message (signes de l'accident, nombre de victimes, secours apportés, …
Décompression à paliers fixes: Approche bien connue et éprouvée. Les paliers stationnaires offrent une marge conservatrice du fait que les tissus éliminent sous gradient « décroissant ».
Décompression contrôlée par plafond (Ceiling): Approche nouvelle. Optimise le temps (−4 à −12 %) en conservant un gradient maximal « constant ». Aucune étude clinique n’a démontré clairement la supériorité ou l’infériorité de cette méthode en termes de sécurité. A utiliser avec prudence et progressivité donc...
Voir l'étude comparative de Sergio A Angelini (2022): Ceiling-controlled versus staged decompression: comparison between decompression duration and tissue tensions.
Variabilité des VGE : Doolette & Murphy (2023) ont montré sur 834 plongées contrôlées que seulement 33% de la variabilité des grades de bulles est inter-plongeurs — 67% est intra-plongeur. Un même plongeur peut produire des scores très différents sur des plongées identiques. Conséquence : un seul contrôle Doppler post-plongée ne suffit pas à valider un profil de décompression [Diving and Hyperbaric Medicine, 2023].
Vers des modèles prédictifs personnalisés : Fichtner et al. (2025) ont développé un modèle intégrant profondeur max, âge, intervalle de surface et consommation d'air pour prédire les grades de bulles [Sports Medicine Open, 11:29]. Résultat notable : le temps passé entre 0 et 10 m pendant la remontée modère significativement la relation profondeur/bulles — un argument en faveur de paliers peu profonds prolongés.
L'exposition prolongée à une PpO2 supérieure à 0,5 bar augmente le risque de toxicité pulmonaire (effet Lorrain Smith). Une PpO2 supérieure à 1,6 bar augmente le risque hyperoxique (effet Paul Bert). Deux paramètres sont à surveiller :
CNS : à 1,3 ATA → 240 min travail + 240 min déco au repos (révisé Hoyt et al. 2025, DHM 55(3):262-270, workshop NOAA Seattle mars 2025). Les seuils 1,4 ATA = 150 min, 1,5 = 120 min, 1,6 = 45 min restent ceux de la table NOAA 1991 (faute de données suffisantes pour les réviser). Les paliers 100 % O₂ à 6 m (≈ 1,6 ATA) doivent rester courts (45 min max). La règle des 80-100 % de CNS par 24 h est une convention pragmatique, pas un seuil scientifique. La demi-vie de ~90 min de la CNS clock en surface est une convention d'ordinateur — Hoyt et al. soulignent qu'aucune donnée ne la valide. La rétention de CO₂ (effort, WOB élevé) augmente significativement le risque CNS.
OTU : max 850 OTU/jour (exposition unique), ~380 OTU/jour sur 7 jours consécutifs, 300 OTU/jour sur 10+ jours (méthode REPEX, Hamilton 1988).
Stratégies complémentaires reconnues par Hoyt et Mitchell (2025) pour réduire le risque CNS : minimiser le travail au fond (DPV), maintenir la densité du gaz respiré < 6,2 g/L, utiliser un détendeur à faible WOB.
L'exposition intermittente à l'oxygène (air breaks) est un concept bien établi : alterner des phases d'hyperoxie avec des pauses normoxiques réduit la toxicité CNS et pulmonaire (Hendricks et al., 1977 ; Harabin et al., 1988). Les protocoles US Navy utilisent des cycles de 20 min O₂ / 5 min air en recompression. En CCR, certains plongeurs appliquent un cyclage du setpoint en décompression (alternance PpO2 élevée / PpO2 basse), avec un double intérêt physiologique :
Réduction du risque de toxicité O₂ (air breaks classiques)
Restauration de la perfusion tissulaire : l'hyperoxie prolongée provoque une vasoconstriction qui réduit le transport des gaz inertes hors des tissus
Balestra et al. (2024) ont montré une accumulation progressive du stress oxy-inflammatoire lors de plongées CCR profondes répétitives, renforçant l'intérêt d'une gestion prudente de l'exposition O₂ [Frontiers in Physiology, 2024].
L'approche la plus récente recommande des setpoints dynamiques plutôt que statiques :
Descente initiale : PpO2 basse (0,7-0,9 bar) pour limiter l'exposition aux hautes PpO2
Fond : PpO2 modérée (1,0-1,2 bar) adaptée à la profondeur et à la durée
Début de décompression : PpO2 élevée (1,3 bar) dès le premier palier pour maximiser l'élimination des gaz
Paliers peu profonds (< 15 m) : PpO2 maximale sécuritaire (1,3-1,4 bar) pour optimiser la fin de décompression
Tuominen et al. (2024) ont étudié l'effet d'une plongée CCR à 45m en eau à 2-4°C (diluant Tx 20/40, SP 0,7/1,2 bar) sur la fonction cardiaque de 39 plongeurs [EJAP, 124:1693-1702]. Les résultats montrent une détérioration subtile de la fonction systolique et diastolique. Par extrapolation, les conditions environnementales influencent la gestion de l'oxygène :
Eau froide : la vasoconstriction périphérique réduit la perfusion tissulaire et donc l'échange gazeux — des setpoints légèrement plus bas peuvent être préférables au fond
Effort important : augmenter temporairement le setpoint à 1,3-1,4 bar pendant les phases d'effort peut aider à éliminer plus rapidement les gaz inertes accumulés
Le consensus RF4 recommande une surveillance cardiaque périodique pour les plongeurs CCR, surtout après 45 ans.
Validité d'une cellule : 18 mois (date de construction) ou 12 mois (ouverture).
Une bonne cellule doit donner en surface entre 8mv et 13mv
Pour tester et valider une cellule avec 100 % d'O2, saisir la valeur dans l'air et vérifier la tolérance ci-dessous :
Cellules à l'Air (mV)
Mini (O2)
Maxi (O2)
45.6
49.6
Pour la vérification des cellules, en cas de doute dans l'eau : une PpO2 donne environ le double de la tension de cellule divisé par 100 (la valeur précise est de 47,85 mV/bar). Donc 10 mV = PpO2 0,2 ; 50 mV = PpO2 1,0 ; 65 mV = PpO2 1,3 ; ... avec 100 % d'oxygène on devrait donc avoir 50 mV. (valeur typique pour les cellules de référence ; la sensibilité réelle dépend du fabricant — Analytical Industries, Teledyne, etc.)
Préconisation rEvo: dès que le plus jeune de tous les capteurs de votre système atteint l’âge de 6 mois, vous remplacez le plus faible (celui qui réagit le plus lentement aux variations de PPO2, ou celui qui semble le plus proche de la limitation de courant lors du test à 6/7 mètres), ou, si vous ne parvenez pas à identifier un « plus faible », alors le plus ancien du système.
CMF = Constant Mass Flow = Débit Massique Constant. Il permet le mode 'hybride' et d'allèger considérablement le travail du Solénoïde.
Un Débit Massique Constant implique d'abord un Débit Volumique Constant obtenu par un écoulement constant (vitesse 'sonique' si MP=~11b sur APEKS au moins le double de PA soit 5.5b = 45m) et une densité constante (obtenue par une pression constante d'où l'utilisation d'un détendeur à pression absolue, non compensé à la pression ambiante et une MP règlée pour son métabolisme propre). C'est pourquoi :
Le CMF diminue après ~45m.
À 100m, la MP = PA et le détendeur ne peut plus délivrer d'oxygène au recycleur (ni par le CMF, ni par le Sélénoide, ni par la MAV) !
Pour aller au-delà des 100 m (modifs hardware nécessaires, valeurs PI factory Apeks/Mares, procédure complète et alternatives offboard) : voir la section dédiée rEvo et plongée >100m.
Le rEvo en mode CMF utilise un 1er étage O₂ non compensé (PI constante, indépendante de la profondeur). La PI factory dépend du détendeur :
Apeks DS4 : O₂ ~11,5 bar, DIL ~9,5 bar
Mares 25CCR : O₂ ~12 bar, DIL ~9-10 bar
Limite physique critique : si la plaque (mode CMF) est conservée, dès que la pression ambiante atteint la PI O₂ (~105-110 m en config standard), le 1er étage O₂ ne peut plus délivrer de gaz du tout — ni par le CMF, ni par le solénoïde, ni par la MAV (les 3 passent par le même 1er étage). Solutions :
Ou avoir un bloc O₂ en offboard qui contourne ce 1er étage (pluggé en MAV directe).
Procédure pour plongée >100 m (3 modifs hardware, capot ouvert, avant build) :
Bloquer l'orifice CMF avec le plug constructeur (intégré au solénoïde sur rMS, ou vis de blocage sur ancien rEvo). Évite tout résidu de débit.
Retirer la plaque rigide + la membrane silicone sous le cache (environmental seal cap) du 1er étage O₂. Le détendeur quitte le mode PI constante et redevient compensé en pression ambiante → injection O₂ possible à toute profondeur via MAV ou solénoïde. Au remontage en mode CMF : remettre la membrane silicone d'abord (côté détendeur, étanchéité, ne pas la graisser) puis la plaque rigide au-dessus.
Vérifier la membrane de la chambre de surcompensation du 1er étage DIL. Les Apeks DST/XTX (FSR) sont surcompensés : la PI augmente plus vite que la pression ambiante avec la profondeur. À grande profondeur, la PI DIL dépasse le tarage de l'ADV (~9-10 bar au-dessus de l'ambiance) → l'ADV s'ouvre seule et le diluant fuit en continu dans la boucle, même fourchette d'ADV désactivée. Solution : retirer la membrane silicone de la chambre de surcompensation pour neutraliser l'effet.
Alternatives :
Détendeur O₂ à PI plus élevée (ex. Apollo A320 Oxy à 19 bar) repousse la limite à ~180 m. À combiner avec un orifice CMF plus petit pour conserver le bon débit.
M-CCR : plugger l'O₂ en offboard (ou son BO Fond si PpO2 > 1,3) et piloter à la MAV à partir de 100 m. Technique anti-hyperoxie : avant chaque injection, ouvrir puis refermer immédiatement le robinet de la bouteille offboard pour ne charger que le flex BP, puis seulement appuyer sur la MAV. Ainsi, si le bouton se bloque en position « injection », seul le volume du flex (limité) part dans la boucle — pas d'injection continue depuis la bouteille.
H-CCR dégradé (bidouille proscrite par rEvo) : enlever uniquement le cache du détendeur, sans bloquer le CMF. Le débit CMF augmente et expose à une légère hausse de PpO2, mais reste gérable. Utilisée par certains plongeurs en pratique.
Ne jamais modifier ces réglages sans formation et test en bench. rEvo recommande PI ≤ 13,5 bar pour ne pas surcharger la MAV.
Approche calculée :
Diluant AIR : profondeur limite théorique pour l'efficacité du rinçage = 40 m (PpO2=1 b). Limite physique = 52 m (PpO2=1,3). Plus profond, la PpN2 augmente avec le risque narcotique.
Diluant TRIMIX : mélange calculé pour la profondeur réelle max à PpO2 = 1,0 (comme l'air à 40 m), PpN2 = 3,2 (PENA = 30 m), densité ≤ 5,2 g/L (max absolu 6,2 g/L).
BailOut « Fond » : mélange calculé pour la profondeur max de prérogative à PpO2 = 1,6, PpN2 = 3,2 (PENA = 30 m), densité ≤ 6,2 g/L. TDI recommande une planification à SAC = 45 L/min jusqu'au premier palier ; HSE recommande 50-75 L/min. Pour réduire les risques de CDI : limiter les écarts de fraction d'hélium à moins d'un tiers avec le diluant (Frawley et Mitchell, communication RF4 2023, non publiée peer-reviewed).
BailOuts « Travel » : mélanges calculés pour 0,8 < PpO2 < 1,6 (cf. Fenêtre Oxygène) et une PpN2 / PpHe qui ne dépasse pas (+ 0,5 bar max) celle du mélange précédent (cf. CDI).
Approche gaz standards :
Gaz FOND standards (EAN32 & Hélium) :
3-30 m : Nx 32
33-45 m : Tx 21/35
48-60 m : Tx 18/45
63-75 m : Tx 15/55
78-121 m : Tx 10/70
Gaz DECO standards (EAN32 & Hélium) :
6 m : O2 100
21 m : Nx 50
36 m : Tx 35/25
57 m : Tx 21/35
La densité des gaz impacte deux facteurs : le travail respiratoire (WOB) et l'élimination du dioxyde de carbone (CO₂).
Gavin Anthony et Simon Mitchell rassemblent dans leur communication Respiratory physiology of rebreather diving (proceedings Rebreather Forum 3, 2016) les recherches sur les besoins en gaz et la manière dont la densité du gaz peut mettre les plongeurs en danger ou contribuer à leur sécurité :
La densité du gaz a un effet profond non seulement sur le WOB et l'élimination du CO₂, mais aussi sur la capacité à respirer et à échanger efficacement les gaz.
Les plongeurs CCR comme OC atteignent un niveau dangereux de CO₂ lorsque la densité du gaz respiré arrive à 6,0 g/L.
Recommandations : densité idéale 5,2 g/L, maximum absolu 6,2 g/L.
DAN est devenu un éminent défenseur de la limitation de la densité du mélange respiratoire, suivi par BSAC, TDI, GUE et d'autres organismes.
La CDI (ContreDiffusion Isobare) concerne une possibilité d'ADD très critique car elle intervient sous l'eau, typiquement lors des changements de gaz aux paliers. L'article fondateur est celui de Doolette & Mitchell (2003) qui décrit le mécanisme de l'IEDCS (ADD de l'oreille interne) lors des transitions hélium → azote [Journal of Applied Physiology].
Changement de paradigme (RF4, 2023) : lors du Rebreather Forum 4 à Malte, David Doolette a présenté une évolution majeure de la compréhension de l'IEDCS, désormais davantage attribué aux shunts droite-gauche (PFO) qu'à la contrediffusion isobare seule. Cela ne signifie pas que le CDI n'existe pas, mais que le PFO est un facteur de risque prépondérant pour l'ADD de l'oreille interne chez les plongeurs trimix.
Le CDI reste un risque réel lors des switches de gaz. Deux types :
CDI asymétrique (hélium remplaçant l'azote) : risque plus élevé d'ADD vestibulaire et cutané.
Recommandations pratiques pour minimiser les risques de CDI lors d'un bailout CCR :
Bailout échelonné : minimiser les écarts de PN₂ et PHe pour ne pas dépasser +0,5 bar de différentiel (règle BSAC). Rappel : un tissu est en dégazage incontrôlé avec un gradient de 2,54 bar (USN).
Règle du 1/3 de différence : limiter les écarts de fraction d'hélium à moins d'un tiers entre le diluant CCR et le premier gaz bailout (Frawley & Mitchell, RF4 2023).
Transition progressive : si la situation le permet, maintenir la profondeur 1-2 minutes après le switch avant de commencer l'ascension.
Screening PFO : envisager un dépistage après un premier épisode d'IEDCS, surtout chez les plongeurs trimix profonds récurrents (consensus RF4 ; cf. SPUMS/UKDMC 2025 ci-dessous).
Pourquoi l'oreille interne ? Mitchell (2024) note que le cerveau élimine l'azote rapidement avec presque pas de supersaturation post-plongée, tandis que l'oreille interne reste supersaturée ~40 min après le retour en surface. Cela explique pourquoi l'IEDCS est l'ADD le plus fréquent chez les plongeurs trimix [DHM, 2024].
SPUMS/UKDMC 2025 (Joint position statement on atrial shunts and diving) [DHM 55(1):51-55] : pas de screening PFO systématique en visite d'aptitude. Indication = ADD avec manifestations cérébrales, spinales, vestibulocochléaires ou cutanées récurrentes. Le test doit utiliser un écho avec contraste bulles et manœuvres de provocation (Valsalva). La fermeture de PFO comporte un risque de complication non négligeable (~3-7 %) à mettre en balance avec le risque individuel.
Ne jamais passer à l'air (remonter en surface) lors d'une décompression amorcée au Trimix ou à l'Héliox ! Obligatoirement passer par du Nitrox puis de l'oxygène pur.
En très simplifié, la Fenêtre Oxygène est une sous-saturation liée au fait que l'oxygène dissout dans le sang est absorbé et métabolisé par nos cellules. Augmenter l'O2 ou la pression, accentue le phénomène de sous-saturation et ouvre une fenêtre qui favorise l'élimination des bulles et accélère ainsi la décompression.
La pratique consiste à ouvrir au maximum la fenêtre lors de la décompression en augmentant la PpO2 le plus proche possible de la limite des 1.6 bar autorisée.
Si l’on est trop bas (PpO2 < 0,8 bar), la fenêtre se ferme et l'apport en oxygène devient presque inutile...
D'où la règle d'optimisation de la décompression : garder 0,8 < PpO2 < 1,6
Le virage anti-'deep stops' part de l'étude fondatrice NEDU 2011 (Doolette, Gerth & Gault) : sur des plongées air à 52 m, redistribuer du temps de palier vers les paliers profonds a augmenté l'incidence d'ADD. Les travaux ultérieurs ont confirmé que des GF Low très bas, qui forcent ces paliers profonds, ne sont pas optimaux.
Les études scientifiques et l'expérience clinique convergent vers des GF Low plus élevés (45-70) et des GF High modérés (70-80), qui offrent le meilleur compromis entre efficacité de la décompression et sécurité.
Le couple GF dépend du gaz inerte utilisé :
Air / Nitrox → GF symétrique : un seul gaz inerte (azote, lent), donc un seul "problème" de déco du fond à la surface. Le tissu directeur reste de la même famille (moyen/lent) tout au long de la remontée → une seule philosophie de conservatisme suffit.
Trimix → GF asymétrique : deux gaz aux cinétiques opposées qui se logent dans des tissus différents (hélium dans les rapides, azote dans les lents). Le tissu directeur change en cours de remontée → il faut être strict en profondeur (GF Low bas, pour l'hélium des tissus rapides) puis plus permissif en surface (GF High plus haut, pour l'azote des tissus lents).
Héliox → GF symétrique (mais bas) : un seul gaz inerte (hélium), donc un seul "problème" de déco — comme à l'air dans la logique. Mais comme l'hélium charge vite les tissus rapides et bulle facilement, on garde un conservatisme élevé partout (typiquement 50/50 ou 60/60) plutôt que les 80/80 de l'air.
Combinaisons couramment recommandées (Trimix / plongée tek classique) :
50/70 — approche conservatrice
50/75 — bon équilibre entre sécurité et durée totale de décompression
50/80 — pour les plongeurs expérimentés sans antécédents d'ADD
45/75 — pour les plongées plus profondes ou plus longues
Ajustements selon la situation :
Plongées répétitives ou sur plusieurs jours consécutifs : être plus conservateur en réduisant le GF High à 70 ou moins.
Plongées en eaux froides : un GF High plus bas (65-70) offre une marge de sécurité supplémentaire.
Iso-risque (Doolette, post-RF4) : pour maintenir un risque équivalent, resserrer les GF à mesure que la sévérité du profil augmente (profondeur max, durée fond, indice PrT). Un 50/80 raisonnable à 40 m devient agressif à 80 m — adapter, ne pas figer.
Tendance actuelle : le débat post-'deep stops' pousse vers des GF Low plus élevés. Doolette recommande GF 70/85, Mitchell utilise personnellement 50/70 ou 50/80, Baker reste sur GF Low 50-60.
De Ridder et al. (2023, DHM 53(3):251-258) sur des plongeurs militaires belges à l'air jusqu'à 60 m : aucune preuve que le défaut Shearwater 30/70 soit plus sûr — au contraire, il augmente la supersaturation des tissus moyens et lents en fin de remontée. Les réglages symétriques 75/75 à 95/95, ou un GF Low = 100 avec GF High abaissé, donnent une décompression plus sûre. Suite à ces travaux, Shearwater a relevé son défaut Tec de 30/70 à 50/70 (firmware 2024). La CMAS (2025) recommande de désactiver les deep stops sur les ordinateurs.
L'Engagement (aussi appelé 'Facteur Q') est une notion qui reflète une charge en gaz inerte à laquelle on peut associer un risque d'ADD.
L'engagement se calcule avec la formule : (Q = Profondeur × √t)
Cette échelle probabiliste s'appuie sur la validation empirique de plus d'un million de profils par la COMEX / Gardette (2012) et les travaux d'Azoth Systems / Hugon (2018) pour l'indice de sévérité Is. Le facteur Q est utilisé sous forme similaire par les ordinateurs Galileo (Uwatec) sous le nom Microbubble Level.
Des facteurs individuels comme la température de l'eau, le niveau d'hydratation, la présence d'un PFO ou l'âge influencent le risque réel. Le facteur Q reste un indicateur simplifié basé sur des profils carrés — il ne remplace pas un ordinateur de plongée ni une planification rigoureuse.
Il existe des preuves solides selon lesquelles le refroidissement pendant la décompression peut augmenter considérablement le risque. À l'inverse, le risque le plus faible concerne un réchauffement au début de la remontée :
NEDU (2007) — Influence de l'exposition thermique sur la susceptibilité des plongeurs aux accidents de décompression.
Germonpré & Balestra (2017) — Preconditioning to Reduce Decompression Stress in Scuba Divers [Aerospace Medicine and Human Performance].
Tuominen et al. (2024) — étude sur 39 plongeurs CCR à 45 m en eau à 2-4 °C montrant une détérioration subtile de la fonction cardiaque [EJAP, 124:1693-1702]. La vasoconstriction en eau froide réduit la perfusion tissulaire et l'échange gazeux.
D'après les données NEDU (2007), présentées par Mitchell, le classement des profils thermiques par risque de DCS est :
Chaud → Froid : le pire (chaud au fond, froid en déco) — charge en gaz maximale, élimination minimale
Froid → Froid : risque élevé
Chaud → Chaud : risque modéré
Froid → Chaud : le meilleur (frais au fond, chaud en déco) — charge en gaz réduite, élimination optimale
La meilleure situation est donc : froid au fond et chaud aux paliers.
Application pratique du chauffage actif (heated vest, gants, chaussons) :
Au fond : chauffage limité ou éteint (éviter de précharger les tissus en gaz inerte par vasodilatation).
À la remontée et aux paliers : chauffage augmenté (vasodilatation = élimination optimale des gaz inertes).
Vérifier l'autonomie batterie : la décompression est la phase critique, ne pas tomber à court de chaleur en fin de plongée.
L'exercice pendant la phase fond de la plongée est un facteur de risque de DCS par l'accélération de l'absorption des gaz par les tissus.
L'exercice aérobique avant la plongée a montré des preuves de réduction de la formation d'embolies gazeuses veineuses (EGV). Deux fenêtres temporelles efficaces sont validées : ~2 h avant (Blatteau 2005) et ~20-24 h avant (Dujic 2004). Le mécanisme proposé est la production d'oxyde nitrique (NO), qui pourrait éliminer les micro-noyaux gazeux ou réduire la dysfonction endothéliale. Germonpré et al. (2016) ont toutefois montré que la vibration corps entier (2 min) réduit les VGE de ~80 %, et Lambrechts et al. (2022) ont obtenu un résultat similaire (~84 %) avec le mini-trampoline — suggérant un mécanisme mécanique de réduction des noyaux gazeux plutôt que médié par le NO.
Zeljko Dujic (2004) — Aerobic exercise before diving reduces venous gas bubble formation in humans.
Jean-Éric Blatteau (2005) — Aerobic exercise 2 hours before a dive to 30 msw decreases bubble formation after decompression.
Il existe également des preuves limitées qu'un exercice léger pendant la décompression peut réduire la détection de bulles après la plongée :
Louis W. Jankowski (2004) — Exercise effects during diving and decompression on postdive venous gas emboli.
L'exercice après le retour à la surface est déconseillé : il pourrait favoriser le shunt droit-gauche des EGV, soit par un PFO, soit par un shunt intra-pulmonaire. Donc cool après la plongée.
L'exercice préalable à la plongée est à ce jour la stratégie de préconditionnement la plus étudiée. D'autres interventions ont exercé des effets potentiellement positifs chez l'homme : la respiration d'oxygène, les vibrations du corps entier, l'exposition à la chaleur en sauna, l'ingestion de chocolat noir riche en flavanols. Toutes nécessitent des recherches plus approfondies avant promotion en pratique courante.
L'hydratation avant la plongée est largement considérée comme une stratégie valable pour réduire le risque de DCS.
Néanmoins, il n'existe pas d'étude humaine démontrant directement une réduction des cas d'ADD, mais Han et al. (2021) ont montré qu'une pré-hydratation ciblée réduit significativement la formation de bulles veineuses chez 20 plongeurs [IJERPH, 18(14):7601]. Le consensus est que la déshydratation doit être évitée, tout en prenant soin de ne pas trop s'hydrater, ce qui peut augmenter le risque d'œdème pulmonaire d'immersion (IPO) — un risque souligné par le position statement conjoint SPUMS/UKDMC (2024).
L'œdème pulmonaire d'immersion (IPO) est un risque sous-estimé en plongée CCR. Le position statement conjoint SPUMS/UKDMC 2024 [Banham et al., DHM 54(4):344-349] souligne plusieurs points critiques.
Spécificité CCR : un recycleur porté dorsalement en position ventrale génère une pression transpulmonaire négative d'environ -10 cm H₂O. Cette pression négative favorise la transsudation de liquide dans les alvéoles.
La perte d'aération pulmonaire est détectée même en eau peu profonde (1-10 m) avec le CCR.
L'exercice en immersion amplifie le phénomène.
Les microparticules circulantes sont augmentées après plongées CCR profondes ou répétitives.
Signe diagnostique reconnu (JPS 2024) : un plongeur qui croit avoir un problème d'équipement (passe sur secours, purge le CCR) alors que les tests montrent ensuite un équipement fonctionnel → suspicion forte d'IPO.
Recommandation forte SPUMS/UKDMC 2024 : après un épisode d'IPO, la reprise de plongée en gaz comprimé est fortement déconseillée. Toute décision doit être prise en concertation avec un médecin de plongée ou un cardiologue spécialisé. Le plongeur doit être pleinement informé qu'une récidive peut être fatale.
Pour la sécurité des calculs :
Sur une plongée NITROX, arrondir la valeur analysée d'oxygène à la hausse pour le calcul de la PMU, à la baisse dans le paramétrage de l'ordinateur. Exemple : 32,6 % O2 analysé → Nx33 pour la PMU, Nx32 dans l'ordinateur.
Sur une plongée TRIMIX, paramétrer l'ordinateur ainsi : arrondi bas pour l'O2 et haut pour l'He. Exemple : O2 = 12,6 et He = 62,3 → 12/63 dans l'ordinateur.
CAVE
G.V.I.M pour la préparation du matériel :
G : Gaz (tout ce qui se respire — DIL, O2, BOs)
V : Volume (tout ce qui se gonfle — Stab, Combi)
I : Instruments
M : Matériels (lampes, outils coupants, spools, masques, cookies…)
P.P.D.D.D.D.D pour la planification :
P : Positions dans la palanquée
P : Profondeur maximum prévue
D : Drop Gaz
D : Distance maximum de pénétration
D : Durée prévue
D : Déco prévue
D : Direction
Arrêt: Pression continue sur le bras ou la jambe du binôme. Utilisé pour indiquer que quelque chose ne va pas mais sans caractère d'urgence.
Avancer: Légère poussée vers l'avant.
Reculer: Tirage vers l'arrière.
Problème ou Urgence: Série de pressions ou de secousses rapides. Situation nécessitant une attention immédiate !
Enchevêtrement dans la ligne: Croiser les doigts et les placer dans la main du binôme, en les faisant tourner d'avant en arrière. Une réponse confirmative, telle qu'une pression ferme sur la main, indique la compréhension de la situation.
Changement de direction: Placer la main du binôme sur la ligne et la faire tourner comme une poignée de porte dans la direction souhaitée.
Communication positive: Une pression rassurante.
BAILOUT-CCR
N'ajoute pas d'O2 (pour économie & flota). Le SP n'est donc pas maintenu !
Calcul de décompression réalisés à partir du SP actif (et pas des pressions partielles). Cela implique d'avoir les mêmes SP à tout moment sur les 2 CCR !
Stacktime en standby
Passe automatiquement en 'Dive Mode (CCR)' si ppO2 < (ppO2Dil x 20%) (préférer le passage manuel). Dans ce mode penser à passer le principal en mode BO-CCR ou couper l'O2 (CMF) et passer en SPLow!
Quand ? À 6m (avec Bubble Check), puis tous les 20m, et toutes les 15'
Procédure ? Faire une courte injection DIL pour s'assurer d'une pression positive et vérifier la PpO2
Chaque première respiration doit être effectuée avec précaution ! Le système peut être partiellement ou complètement inondé. Soyez prêts à passer sur le CO !